La ville d’Antananarivo a continué les travaux d’assainissement d’Analakely en renforçant ses éléments. Les forces de l’ordre lui ont prêté main forte.

Conflit. Les marchands des rues d’Ana­la­kely ont été surpris par l’intervention de la CUA, hier. Si les dimanches ils ont eu l’habitude d’être tranquilles pour vendre sur les trottoirs les dimanches, les agents de la police municipale et ceux du marché n’ont pas relâché leur action d’assainissement des rues d’Analakely, tôt le matin, dès huit heures. Et pour le coup, ils ne sont pas venus seuls car ils ont reçu l’appui des forces de l’ordre. Ils étaient accompagnés des agents de l’Emmoreg, de l’Emmo sécurité et de l’unité d’intervention rapide (UIR).
Un renforcement qui a  été mal pris par les marchands. « Nous ne sommes pas des voleurs, ni des malfaiteurs pour qu’on nous menace avec des armes, comme l’ont fait ces forces de l’ordre, aujourd’hui », s’indignent les marchands.
D’ailleurs, un jeune homme ayant pris en photo ces agents de police en pleine action de saisie de marchandises, a été arrêté par ces derniers. Ils lui ont confisqué son téléphone et l’ont emmené avec eux à la centrale, selon les explications de Lahady Thierry, un marchand.
Amende dissuasive
Les marchands se plaignent aussi de la méthode employée avec la confiscation de leurs marchandises et même des étals. Des marchandises qu’ils ne pourront récupérer que contre des amendes. « L’amende est trop élevée. Il nous faut payer 10 000 ariary pour récupérer un article. Ainsi, si l’on veut tout récupérer, on doit débourser quelques millions », s’offusque toujours Soanirina. Beaucoup d’entre eux se plaignent d’avoir tout perdu, comme Solonjanahary Jean de Dieu, le marchand de bananes qui se plaint. « Je suis à bout. Je n’ai même pas encore payé ces bananes, comptant le faire avec mes bénéfices, et me voilà dépouillé de la totalité de mes marchandises, et endetté de surcroît ».
De son côté, la mairie ne compte pas faire machine arrière sur l’assainissement du marché. « Nous avons commencé et nous irons jusqu’au bout et ce, pour le bon fonctionnement de la ville d’Anta­nanarivo et en vue de réduire les embouteillages », annonce Julien Randria­morasata, 2e adjoint de la mairie d’Antananarivo ville.

Helifetra Randriaminovololona