Victime. « L’artisanat malgache est confronté à de sérieuses difficultés, en termes de matière première, suite à la recommandation d’embargo de toutes les espèces de Madagascar inscrites dans les annexes I, II et III de la convention internationale sur le commerce des espèces de faune et flore sauvages menacées d’extinction (CITES) », a expliqué hier Julien Rakoto­naivo, directeur général de la promotion de l’Artisanat auprès du ministère de la Culture, de la promotion de l’artisanat et de la sauvegarde du Patrimoine (MCPASP). « Nous sommes tenus de respecter cette décision, bien que cela ait une répercussion négative sur la productivité de nos artisans », poursuit-il.
De plus, depuis quelques années, plusieurs ressources comme le raphia se font rares. Et pour cause, « le non-respect des règles, l’inexistence de contrôle, ainsi que l’exploitation abusive mettent cette filière en danger. Les opérateurs concernés pensent que le raphia ne pourra guère être exploité au rythme actuel au-delà d’une dizaine d’années », estime Lalaina Sylviane Rasolojaona, étudiante en gestion qui a fait des recherches sur le raphia.
Pour essayer de pallier  ces problèmes, le MCPASP entend mettre en œuvre une stratégie visant à reconstituer la couverture végétale, d’une part. Pour Julien Rakoto­naivo, « il faut dorénavant en­courager les artisans à cultiver, pour qu’ils puissent avoir les éléments nécessaires à leurs productions. Mais avant tout, le ministère doit leur dispenser les formations y afférentes». D’un autre coté, le code de l’artisanat est doit être appliqué.

R.A.