Le cacao de Madagascar est un des plus réputés au monde. La majeure partie de la production malgache provient de la Vallée de Sambirano, près d’Ambanja. Pourtant le problème de prix et la baisse de la qualité fait perdre au produit ses valeurs ajoutées.

Le cacao, baptisé « l’or chocolat », fait la renommée de la vallée de Sambirano, là où se trouvent les meilleurs producteurs, outre la vanille et le café qui constituent des cultures de rente essentielles pour la région Diana. La récolte des cabosses de cacao se fait toute l’année et la production atteint le pic entre le mois d’août et novembre. A ce titre, Madagascar produit en moyenne 6.000 tonnes de cacao par an. Mais cette offre est loin de satisfaire la demande, puisque cela ne représente pas plus de 0,2% de la production mondiale.

En fait, les producteurs de Sambirano font face à des difficultés qui les pénalisent comme la baisse de la qualité du produit, le faible prix de vente par rapport au cours sur les marchés extérieurs, les vols…

Comme dans presque tous les filières (vanille,  café,  épices), la filière cacao est détenue par une poignée de collecteurs/exportateurs qui imposent leurs règles. Aussi les producteurs deviennent de simples fournisseurs de matière première tributaire du prix très souvent à leur désavantage. « Les collecteurs/exportateurs achètent les fèves entre 5.000 et 7.000 ariary le kilo au niveau des producteurs/préparateurs. Pourtant, ils peuvent les vendre trois à quatre fois plus sur le marché international », déplore Armand Zafilaza, coordonnateur général de l’ONG Sorogno à Ambanja.

Mais les récoltes précoces n’en finissent pas. « Les fraudeurs récoltent les cabosses et les enterrent dans le sable pour leur donner une apparence de maturité  avant de les mettre en vente. Pourtant le taux de cacao dans les fèves sont encore très faible », a déclaré cet opérateur. Or les exportateurs de leur côté exigent des produits de qualité. Pour ce faire, certaines conditions doivent être réunies : finesse et goût, récolte de cabosses bien mûres, technique de fermentation aux normes (température, durée), méthode de séchage (sur aire cimentée), et conditions de magasinage.

Quid de la réglementation de la filière ?

Traditionnellement, la fermentation du cacao est réalisée par les collecteurs/exportateurs qui souhaitent maîtriser la qualité export. Les producteurs livrent donc les fèves de cacao fraîchement écabossées. Cette valeur ajoutée échappe donc aux producteurs par manque de formation et d’investissement dans des infrastructures simples telles que les caisses de fermentations collectives.

« Par ailleurs, l’appui technique et financier de la part de l’Etat fait défaut », se désole toujours Armand Zafilaza. Il a pourtant fait savoir que la région Diana, en concertation avec les maires et les opérateurs de la région est sur le point d’élaborer un texte pour réglementer le marché dans cette filière.

Eu égard à cette situation, l’ONG Sambirano Organisation pour le développement opérationnel et garanti du Nord (Sorogno) a décidé d’organiser le festival « Sorogno-Cacao », dont l’objectif est de relancer la filière cacao de la région du Sambirano en faisant connaître ses potentiels économiques.

Arh.

 



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Cacao – l’or chocolat : en perte de valeur ajoutée (NewsMada)
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