A la Toussaint 1323, sept notables de Toulouse, grande cité des pays de langue d’oc, créent les Jocs Florals,  les jeux floraux en français. Les lauréats de ce concours de poésie sont récompensés par des fleurs ciselées dans des métaux précieux. Le 3 mai 1324, une violette d’or est décernée au premier lauréat, Arnaud Vidal de Castelnaudary, pour sa chanson à la Vierge.  Succède aux « sept troubadours », le Consistori del Gay Saber ou Compagnie du Gai Savoir. Si l’occitan perd de son prestige face au français qui s’impose au fil des siècles comme langue nationale et officielle, Louis XIV  donne à la Compagnie du Gai Savoir le statut d’Académie en 1694. Entre 1790 et 1806, les travaux de l’Académie des Jeux Floraux sont interrompus ; dès que la situation politique est stabilisée en France, ils reprennent pour ne plus s’arrêter jusqu’à nos jours.  Le déclin des langues régionales et le nouveau statut du français institué comme langue de l’école obligatoire n’ont pas entamé l’enthousiasme des poètes occitans qui dès 1895 proposent de nouveau des œuvres en langues d’oc. En 1923, la plus ancienne société savante d’Europe est reconnue d’utilité publique. Ainsi, chaque 3 mai, depuis 1324, à Toulouse, l’Académie des Jeux floraux récompense les lauréats par des fleurs.

Non loin de là, à Barcelone, le département de l’enseignement organise des Jeux Floraux scolaires pour stimuler l’expression et la production écrites et promouvoir les traditions culturelles catalanes. La politique linguistique de l’Espagne n’est évidemment pas comparable à celle de la France et Toulouse la française est, au moins au nombre de kilomètres, bien plus proche de Barcelone que de Paris.

En 1978, le groupe Los de Nadau (prononcé nadàou), formé à Tarbes en 1975, compose

« L’Immortèla », l’immortelle. Aujourd’hui, L’immortela est à l’Occitanie ce que Ny lanitra mangamanga est à la langue malgache. Une aficionada du groupe a écrit aux Nadau pourquoi elle les suit de spectacle en spectacle : «C’est ce petit fil invisible que vous extirpez à chaque fois, du fond de nous, en douceur mais avec ténacité. Ce petit fil qui nous rappelle d’où nous venons, où nous allons… dans ce monde si tourmenté…. Vous réveillez en nous cette partie de l’inconscient qui est faite de nos racines, de notre enfance».

Belle leçon d’espoir que cette immortelle. L’Occitanie est loin, certes mais un petit moment d’espoir dans ce monde tourmenté ne peut pas faire de mal pour commencer la semaine à Madagascar.

Vers l’immortelle

Je connais un pays, et une fleur,

Et une fleur, et une fleur,

On l’appelle celle de l’amour,

Celle de l’amour, celle de l’amour,

refrain:

Haut, Petit Pierre, on va marcher, on va marcher

Vers l’immortelle,

Haut, Petit Pierre, on va marcher, on va marcher,

On va chercher le pays.

En haut du pic, il y a une lumière,

Il y a une lumière, il y a une lumière,

Il faut y garder les yeux dessus,

Les yeux dessus, les yeux dessus,

Il faut traverser toutes les ronces,

Toutes les ronces, toutes les ronces,

Pour s’accrocher, seulement les mains,

Seulement les mains, seulement les mains,

Peut être on n’en verra jamais la fin,

Jamais la fin, jamais la fin,

La liberté, c’est le chemin,

C’est le chemin, c’est le chemin.

Après le pic, un autre pic,

Un autre pic, un autre pic,

Après la lumière, une autre lumière,

Une autre lumière, une autre lumière…

Kemba Ranavela



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Chronique : après la lumière, une autre lumière (NewsMada)
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