Peut-être en raison du déjà vu, l’éclipse annoncée pour ce mois de septembre ne parvient pas à retenir l’attention populaire. Dans les difficultés actuelles que la population doit surmonter, rien ne pourrait vraiment la détourner des préoccupations quotidiennes de survie. Préparer la rentrée des enfants focalise soucis et efforts dans les foyers. On ne s’éclipse pas facilement comme par enchantement pour se dérober à ses obligations. Le fatalisme dont on accuse la majorité d’une population dans la dèche n’est qu’apparence. Les gens se résignent surtout à ne plus attendre de miracle, mais chacun en grand nombre tente de résoudre ses problèmes de façon magique. De voir comment ces gens du petit peuple résistent tant bien que mal aux maltraitances que font subir les coups de la vie qu’on leur réserve, on ne peut s’abstenir à croire que c’est juste miraculeux. Calculette en main on accumule les erreurs à vouloir essayer d’établir un équilibre entre le coût des dépenses obligées et les rentrées possibles d’argent de nombreux foyers. Déjà qu’au niveau de ce que l’on qualifie de « classe moyenne », les mères de famille ne peuvent que jongler pour classer priorités d’entre les priorités. Ayant suffisamment fort à faire ailleurs, par nécessité elles en arrivent naturellement à éclipser de leurs soucis l’éclipse.

L’obligation de survie réduit les efforts à l’essentiel : survivre ! Cet essentiel occulte toute autre préoccupation comme celle de vivre : survivre suffit pour vivre. Dans cette situation on ne possède pas le luxe de philosopher, survivre dans la plus grande inconscience constitue la seule possibilité de vivre heureux. Difficile de se préoccuper des nourritures de l’esprit quand on peine à satisfaire aux nécessités des nourritures du corps. Une sagesse malgache rappelle que lorsque la faim rôde l’esprit erre. Où se promène cet esprit ? A chercher des solutions pour apaiser la faim. Cette fin finit chez certains par justifier les moyens, et quand nécessité fait loi, c’est la fin de l’état de droit. Il serait vain en l’état de vouloir élever la mentalité, ça se réduirait à mettre la charrue avant les bœufs, relever le niveau de vie représente l’unique objectif du moment. Idéal tellement primaire que les gouvernants l’éclipsent.

Léo Raz

 



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Chronique : éclipse sans effet (NewsMada)
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