Le corridor Marojejy-Tsaratanana-Anjanaharibe Sud ( Comatsa) a été inscrit dans la liste des aires protégées et classifié dans la catégorie de Nouvelle aire protégée ( Nap) depuis le 28 avril de l’année dernière.  Une affaire d’accaparement illicite de terrains au cœur même du corridor, assortie d’une haute corruption et d’escroquerie, impliquant un responsable du cantonnement, vient d’éclater.

A cheval entre le district d’Andapa, Sambava, Vohémar, Bealanana et Ambilobe, le Comatsa joue un rôle capital dans l’approvisionnement en eau des régions Sava, Diana et Sofia.

L’Etat malgache, par le biais du chef de cantonnement et de la population locale et de la Communauté de base (Coba), prend la responsabilité de la gestion de ce corridor.

Récemment, cette aire protégée est sujette à une affaire d’accaparement illicite de terrains au cœur même du corridor, assortie d’une haute corruption et d’escroquerie.

A maintes reprises, le nom d’un responsable du cantonnement a été cité. Il faut savoir qu’un responsable de Madagascar national parks (MNP) a confirmé l’implication de ce dernier. Ce responsable dénonce « l’existence de fonctionnaires fantômes au sein du cantonnement, qui délivrent des autorisations en vue de s’introduire dans les aires protégées d’Andapa ».

Une infraction reconnue par ses auteurs

Selon les informations recueillies par les journalistes ayant mené une investigation à Andapa, notamment dans la forêt d’Antokobe Belambo, le domaine du Comatsa est actuellement violé par l’intrusion de la famille Georges Ravelomadio. Cette famille a aménagé au cœur même de la zone protégée une case d’habitation, puis un champ de culture de vanille dont une partie est consacrée à la fabrication de matières de construction.

Interrogés sur cette infraction, les membres de la famille ont affirmé avoir les droits nécessaires pour ces activités, démontrant même les documents en leur possession dont le contrat de vente du terrain litigieux en 2011.

Le Vondron’olona Ifotony (VOI) Belambo a fait un constat de cette infraction et la famille incriminée à accepter de se soumettre au « dina ». La  famille Ravelomadio a alors payé la somme de 200.000 ariary au VOI et a promis de ne plus s’introduire dans la zone protégée.

Mais l’affaire ne s’est arrêtée pas là. Les membres du VOI Belambo ont entrepris de traduire la famille Ravelomadio en justice. Le chef de cantonnement s’est alors dressé en tant que médiateur dans cette affaire invitant le Voi et la famille à privilégier le dialogue et le règlement à l’amiable. Contre cette médiation, les membres du Voi ont procédé à une pétition.

La fille Ravelomadio a également mis au grand jour une affaire de corruption et pointé du doigt les autorités étatiques locales. Julia Ravelomadio a profité d’un entretien avec les journalistes pour dénoncer un abus de responsabilité de la Coba. « Il nous soutire de l’argent afin que nous puissions continuer nos activités », a-t-elle révélé, non sans oublier de crier une injustice sur l’application du « dina » infligée à sa famille. Des membres de la famille de la Coba n’ont pas été poursuivis malgré leur intrusion dans cette partie ».

 Malgré les différentes interventions, Georges Ravelomadio a finalement été traduit en justice au mois de mai dernier. Il a écopé d’une amende de 200.000 ariary et d’un dommage et intérêt fixé à 100.000 ariary. Un verdict qui n’est pas à la hauteur des conséquences néfastes de l’infraction commise par la famille au sein de cette zone réservée.

Le cas de Belambo n’est pas isolé. D’autres cas d’infractions et d’accaparement de terrains au sein de la Nap d’Andapa ont été constatés par la coalition Comatsa et qui attendent d’être révélés au grand jour avec des preuves tangibles.

Rakoto

 



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Corridor forestier Comatsa-Andapa : la gestion de l’aire protégée fragilisée par la corruption (NewsMada)
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