Le ministère des Finances et du budget oblige les opérateurs à céder la totalité de leurs recettes d’exportation sur le marché interbancaire de devises (Mid). Il est évident que ce marché financier n’arrive plus à satisfaire les demandes, expliquent les économistes.

Tous les exportateurs de marchandises et prestataires de services opérant à Madagascar sont sommés de céder la totalité de leurs recettes d’exportation sur le marché des changes des rapatriements, selon un arrêté sorti par le ministère des Finances et du budget, le 7 août dernier. Cet arrêté ministériel apporte une modification à une décision sortie le 25 août 2014 obligeant les opérateurs de céder au moins 20% des recettes d’exportation selon que le rapatriement de devises ait lieu dans un délai de 90 jours après l’embarquement des marchandises ou non.

Les secteurs pourvoyeurs de devises en crise

Selon les explications apportées par un membre fondateur du Cercle de réflexions des économistes de Madagascar (Crem), « Il y a évidement une pénurie de devises sur le Mid ». L’insuffisance de l’offre en monnaies étrangères sur le Mid a été évoquée depuis l’année dernière. Les secteurs d’activités pourvoyeurs de devise sont en crise actuellement. « La saison des exportations ne débutera que d’ici deux mois. Une baisse des exportations est déjà prévue. Les impacts de la grève au sein de la compagnie nationale aérienne Air Madagascar ont également touché de plein fouet le secteur du tourisme qui est pourtant l’un des principaux secteurs pourvoyeurs de devises à Madagascar », a affirmé notre source.

Les finances publiques du pays, de leur côté, traversent d’importantes difficultés. Selon les explications du membre du Crem, « Madagascar n’a toujours pas perçu de financement extérieur jusqu’à présent. Et cela attendra sans doute l’année prochaine vu la situation actuelle. Il est toute fois probable que les aides du Fonds monétaire international (FMI) arriveront au mois d’octobre prochain, si toutes les conditions imposées par ce bailleur sont réunies. Les seules aides perçues par Madagascar jusqu’à présent concernent l’humanitaire ».

Hausse des prix à la pompe

L’insuffisance des devises sur le MID est également un des facteurs de la forte perte de valeur de la monnaie nationale. Le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Gatien Horace a d’ailleurs précisé le 30 juin dernier que la dernière hausse des prix à la pompe, le 27 juin dernier est liée à la pénurie du dollar sur le MID. « Les pétroliers ont besoin de rassembler une somme importante de devises. Ces derniers sont même contraints de payer un premium sur la vraie valeur du dollar, en raison de sa rareté sur le MID », a-t-il indiqué à cette occasion.

Par ailleurs, toutes les banques primaires locales sont également tenues de faire des comptes rendus relatifs aux obligations de cession de devises en complément des situations de rapatriement de devises de leurs clients, auprès du ministère des Finances et du budget, souligne toujours cet arrêté ministériel.

Riana R.



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Crise du marche financier : vente obligatoire des devises étrangères (NewsMada)

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