Découragés. Quelques formateurs des enseignants non fonctionnaires et ceux nouvellement recrutés durant cette période de vacances, avouent avoir échoué dans leur mission. « Après cette formation, je suis sûr que le niveau de certains d’entre ces enseignants restera encore faible, bien qu’on ait fait notre possible pour rehausser leurs capacités », déplore un formateur dans la Circonscrip­tion scolaire (CISCO) d’Avara­drano. « Certains de ces enseignants ne sont pas du tout aptes à enseigner. Il leur manque déjà, la compétence pédagogique, mais leur capacité intellectuelle s’avère aussi déplorable », rajoute-t-il.
Un formateur de la langue française, dans la CISCO de Manjakandriana, explique par exemple, que certains agents formés ne savent même pas faire la distinction entre auxiliaire avoir et être. « On a demandé à des enseignants de français, de niveau collège, de conjuguer le verbe partir au passé composé, et ils ont répondu par “J’ai parti, tu as parti, …”. Ce n’est pas en une formation de six semaines qu’on peut pallier ces lacunes », explique ce formateur.
L’indemnisation aurait également démotivé les apprenants, selon un chef de la Zone d’animation pédagogique (ZAP) de la CISCO d’Avaradrano. « Certains arrivent dans les salles de formation, fatigués et ne captent rien de la formation. Ils habitent à une vingtaine de kilomètres du centre de formation. Et comme ils ne gagnent que 110 000 ariary durant cette formation, ils préfèrent rentrer chez eux tous les jours, pour arriver à 8 heures du matin et rentrer à 16 heures », explique ce chef ZAP.
Cette initiative du ministère de l’Éducation nationale à améliorer l’éducation à Madagascar est alors vouée à l’échec, dans le sens où les cibles sont encore loin d’avoir les compétences requises pour enseigner. Des renforcements de capacité seront toutefois assurés durant l’année scolaire, comme l’a assuré Jery Andrianilanona, directeur régional de l’Éducation nationale à Analamanga,
Miangaly Ralitera