Les Officiers de Police judiciaire de l’élevage contrôleront l’utilisation des Médroxypro­gestérone acétate sur les truies. Les éleveurs sont susceptibles de détention.

Les Officiers de Police judiciaire de l’élevage entrent en action dans la lutte contre l’utilisation du Médroxyprogestérone acétate à visée humaine, connue sous l’appellation « Confiance », sur les truies. Ils effectueront des contrôles et des saisies auprès des éleveurs, mais également, des étalages des bouchers et des usines de transformation des viandes. «L’enquête de la direction des Vétérinaires du ministère auprès de la présidence, en charge de l’élevage et de l’agriculture, a démontré que 80% des truies vendues sur les marchés comportent des résidus de ce médicament, et 40% des éleveurs utiliseraient cette méthode pour engraisser leurs animaux. Alors qu’il faudra 9 mois pour que ce composant disparaisse de l’animal », a expliqué Rivo Rabearivelo, vice-président du Malagasy Professionnel en Élevage, hier, à Antanimena, lors d’une conférence-débat pour sensibiliser l’impact de cette pratique.
Les intervenants de cette conférence-débat ont expliqué à plusieurs reprises, les effets néfastes de la consommation des truies engraissées par cette méthode contraceptive sur la santé. Apparem­ment, les résidus des hormones à visée humaine sur les viandes de porc pourraient être facteurs « de la perte de mémoire avancée, de la faiblesse osseuse précoce, du cancer, de l’accident vasculaire cérébrale, notamment chez les hommes ». Chez les jeunes femmes, « ils peuvent entrainer l’infertilité ».

Pénalité
L’absence du laboratoire d’analyse sur le territoire malgache pourrait, toutefois, compliquer la tâche de ces Officiers de Police judiciaire. En fait, pour confirmer la présence des résidus des hormones sur les viandes, il faudra envoyer des échantillons dans les laboratoires d’analyse de La Réunion car ils ne sont pas visibles à l’œil nu, selon les techniciens.
Des études de stratégies initiées par le ministère auprès de la présidence, en charge de l’Agriculture et de l’élevage, et collaborées avec le ministère de la Santé publique, pour la lutte contre cette pratique désastreuse pour la santé humaine, sont en cours. Mais en attendant une quelconque issue, les éleveurs, continuant à injecter irrégulièrement ces hormones sur leurs truies, sont punissables de deux mois à 6 ans d’emprisonnement, avec une amende variant de 1 million d’ariary à 5 millions d’ariary.

Miangaly Ralitera