Le textile est un secteur économiquement favorable à Madagascar mais mal exploité. Le manque de professionnalisme empêche un meilleur développement.

Améliorer la productivité des acteurs. « Le secteur textile, habillement et accessoire (THA) dispose d’un potentiel réel mais son développement est lent, à cause d’obstacles non résolus ou à des facteurs non favorables », a expliqué Isabelle Rakoto­zafy, coordinatrice de la mise en œuvre de la Politique nationale de l’emploi et de formation professionnelle (PNEFP), dans sa présentation lors d’un atelier qui s’est tenu dernièrement à l’Hôtel Colbert.
En effet,  ce secteur est confronté à des problèmes persistants, notamment en termes de formation et d’encadrement. Comme l’a souligné le rapport final de la PNEFP, ce mois-ci, « le secteur manque de structures d’encadrement. Une grande majorité des artisans manque de professionnalisme, ce qui représente un handicap majeur pour le développement de l’ensemble du secteur artisanal. Cette situation est due à un manque de respect des normes ainsi qu’à un manque d’organisation sinon d’actions de formation permettant de professionnaliser l’ensemble des acteurs ».
Il y a aussi l’inadéquation de l’offre de formation face à la demande de professionnels du secteur industriel. Selon toujours ce rapport, « les offres de formation, notamment à l’intention des travailleurs des entreprises en zone franche, sont relativement limitées. Les jeunes sortant des établissements d’ETFP ne sont pas directement opérationnels, vu les différences, voire les divergences qui existent entre les équipements, les techniques utilisées dans les établissements et la situation réelle de travail en entreprise. Il en résulte que les entreprises doivent programmer et réaliser elles-mêmes leurs propres formations en faveur de leur personnel ».
Perspectives
Les travaux des Assises en 2014 ont déjà permis de bien distinguer les domaines d’investissement à privilégier, afin de permettre à ce secteur de disposer des compétences dont il aura besoin pour occuper les emplois disponibles et ceux qui seront créés dans son développement futur. Aussi, la qualité de l’offre de formation devrait être révisée, en rénovant l’apprentissage traditionnel mais surtout en développant les relations entre les centres de formations professionnels et l’entreprise pour favoriser l’insertion. « Les offres de formation doivent être orientées vers un environnement industriel. La formation technique doit être complétée par des modules sur la culture d’entreprise, le management, ou encore le savoir-être », recommande  Isabelle Rakotozafy, coordinatrice de la PNEFP.
Il y a aussi la nécessité de rehausser la qualité et la diversification des compétences pour améliorer la productivité. Ceci en adaptant les entreprises à l’évolution technologique et à leurs environnements. D’après les résolutions des états généraux de l’éducation et de la formation (EGEF), ce mois-ci « dans la recherche et l’innovation,la polyvalence des salariés du textile doit être développée vu la sophistication croissante des produits ».
Rado Andriamampandry