Les forces de l’ordre ont procédé à un contrôle systématique des voitures à l’entrée de Soamahamanina hier. Les locaux ont tenu, malgré tout, une manifestation dans le calme.

L’annonce d’une manifestation à Soamaha­manina a créé un vent de panique au niveau des tenants du pouvoir actuel. Le régime a déployé hier, jour de cette manifestation, une horde d’éléments des forces de l’ordre, et a imposé une mesure drastique à l’entrée de cette petite localité située à 70km de la capitale.
« Toutes les voitures passant sur la route nationale numéro un (RN1) ont fait l’objet d’une fouille minutieuse pour une raison qu’on ignore », a déclaré hier Pierre Robson, président de l’association Vona, et non moins l’un des meneurs de la manifestation contre l’exploitation de la société chinoise dans cette localité. Cette information est confirmée par Théophile Rabesahalasoa, maire de cette commune. « Des gendarmes ont mis des barrages à Ambato­mainty pour lancer une opération de fouille », a-t-il soutenu par téléphone. Joint de la même manière, le général Florens Rakotomahanina, commandant de la circonscription inter-régionale de la gendarmerie de la province d’Antananarivo, n’a pas souhaité émettre de commentaires sur cette mesure prise par les forces de l’ordre.
Malgré tout, les habitants, ou du moins ceux qui sont contre l’exploitation de la société chinoise, ont tenu une manifestation dans le calme, hier. Ils ont continué à réclamer « le départ de la société Jiuxing Mines». « Il n’y a plus de discussions. Les Chinois ne doivent plus revenir ici pour exploiter ces sites », a lancé l’un des manifestants hier, joint par téléphone.
Depuis le 21 juin, le projet d’exploitation minière de la société chinoise Jiuxing Mines a fait l’objet d’une contestation virulente de certains habitants de la commune de Soamahamanina et ses environs. La société a obtenu une autorisation d’exploitation émanant du Bureau des cadastres miniers de Madagascar (BCMM), le 5 novembre 2015. L’exploitant est alors autorisé à chercher or, argent, fer, plomb, zinc et béryllium pour une durée de 40 ans.
Mais la situation a tourné au vinaigre après que les forces de l’ordre aient réprimé violemment une manifestation le 14 juillet. Ce-jour là, des grenades lacrymogènes ont été lancées, et une arrestation a été enregistrée du côté des manifestants. Quelques jours plus tard, la société a suspendu ses exploitations. Et le gouvernement a officialisé cette mesure le 19 juillet, en attendant une issue au dialogue.

Lova Rafidiarisoa