Les têtes pensantes du mouvement «Mitsangàna ry Malagasy» ont tenu à répondre à l’appel lancé par la population de Soamahamanina, hier. Les revendications s’intensifient.

«Quelle que soit la fin de cette lutte, nous ne reculerons pas. Nous ne voulons pas de trouble. On veut seulement qu’ils quittent nos terres». Cette phrase émane d’une mère de famille qui a participé à la manifestation de la population de la localité de Soamahamanina hier.  A l’instar de ses compatriotes présents lors d’une rencontre avec des ténors du mouvement «Mitsangàna ry Malagasy», elle s’est opposée au permis d’extration  minière accordé aux Chinois, sans l’avis préalable de la population locale.

L’entreprise Jiuxing mines et les autorités ont été, à maintes reprises, pointées du doigt à cette occasion, que ce soit de la part de la population locale ou les acteurs politiques présents sur les lieux. «Les écrits sur ses banderoles sont sans équivoque. Nous réclamons l’arrêt définitif de cette exploitation», note le représentant de la population dans son introduction de discours d’hier tout en se félicitant de la présence des acteurs politiques venus spécialement de la capitale. «Désormais, nous ne sommes plus seuls. Nous avons lancé un appel à tous les Malgaches et vous avez répondu à notre appel», a-t-il déclaré.

Présence massive

Etaient présents sur les lieux à ce moment-là, l’ancien Premier ministre Jean-Omer Beriziky, les anciens prétendants à la magistrature suprême tels que Sylvain Rabetsaroana, Roland Dieu Donné Rabearison, les anciens ministres Marcel Bernard  et Masimana Manantsoa, ou encore des personnalités connues comme Lanto Rakotomavo et Jean Félicien. «N’oubliez surtout pas que des nationalistes comme Rabezavana et Rabozaka du Menalamba ont versé leur sang ici. C’est dire que cette localité est marquée par une tradition de lutte», a scandé l’ancien Premier ministre de la Transition, Jean-Omer Beriziky lors de son intervention. Et lui d’ajouter que, «Nous sommes tous désormais Soamahamanina. Car l’exploitation illicite des richesses de notre pays se passe dans toute l’île».

Cette commune est devenue, durant une demi-journée, un terrain de jeu politique pour les «opposants» qui ont saisi la rencontre avec la population locale pour démontrer, à leur manière, les défaillances dans la gestion du pays. «Dans les autres pays, l’accord faite entre l’Etat et une entreprise privée est connu du grand public. Est-ce votre cas ?», s’est interrogé Sylvain Rabetsaroana qui a ajouté au passage qu’il devrait y avoir au moins la moitié de gain à l’issue de ces exploitations versée dans la caisse de l’Etat. Sur les défaillances du régime, lors d’une interview accordée à quelques organes de presse, il avait déjà indiqué que, «Il n’est pas difficile de comprendre que le peuple veut des solutions et des actions concrètes allégeant ses souffrances et améliorant sa vie quotidienne. Et l’on parle ici du volet de la santé et de l’alimentation mais aussi celui de la sécurité. Sur ce dernier point, la population en voit de toutes les couleurs tous les jours avec la série de kidnappings si les crimes odieux deviennent son lot quotidien».

Il semble par ailleurs que le régime peine à trouver des éléments de réponse pour apaiser la tension au sein des habitants de Soamahamanina. La mise en place d’un comité interministériel, lors du conseil de gouvernement du 19 juillet dernier,  pour statuer sur ce dossier n’a pas porté jusqu’à présent ses fruits. Au contraire, la tension s’est envenimée et cette affaire s’est étendue au niveau national au grand soulagement des acteurs politiques.

 Jao Patricius



Source link

Mitsangana ry malagasy : « Nous sommes tous Soamahamanina » (NewsMada)
Tagged on:

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.