Sitôt dit sitôt fait. Un mois après l’accord sur la Facilité élargie de crédit (Fec), la mission du Fonds monétaire international est déjà sur place pour voir la concré­tisation de ce qui a été convenu contre l’octroi de 304,7 millions de dollars au gouvernement. De sa conclusion dépendra le décaissement du prochain pactole après les
43,5 millions de dollars déjà versés dans les caisses de l’État.
L’État a ainsi du pain sur la planche pour pouvoir bénéficier de la totalité de cette manne qui équivaut à 180% du quote-part de Madagascar au sein du FMI qui vaut
122,2 millions de Droits de tirage spéciaux. Cela peut paraître une somme colossale mais quand on sait que l’Égypte a obtenu un prêt de 12 milliards de dollars du FMI, on réalise l’effort qui reste à fournir pour arriver au niveau des grands pays africains et pour pouvoir s’endetter et investir dans le développement. C’est justement là le hic, étant donné que si tous les programmes imposés par le FMI depuis septem­bre 82, si tous les fonds octroyés par le FMI en échange de dures conditionnalités, de sacrifices et de mesures impopulaires avaient eu un minimum d’impact sur les conditions socio-économiques du pays, on ne serait pas arrivé à ce niveau de pauvreté sans commune mesure. Qui peut garantir que cette fois, c’est le bon   C’est d’autant plus aléatoire que le FMI a affaire au pouvoir le plus corrompu de toutes les Républiques. Les dirigeants ont eu le culot de légaliser le trafic de 30.000 rondins de bois de rose au Singapour en 2014 dont le montant est estimé à 60 millions de dollars. Soit beaucoup plus que la première tranche de la fameuse Fec. On peut donc produire un fec-simulé pour tous les trafics en tous genres et ne plus avoir à s’agenouiller devant les bailleurs de fonds pour résoudre tous les problèmes. Sauf que, jusqu’à maintenant, on ignore où est allé ce joli pactole des Singapouriens. Sûrement pas dans les caisses du Trésor public, encore moins dans le porte-feuille des ménages qui ne sert que le jour de paie et reste vide les autres jours du mois.
Il y a de fortes chances que les 43,5 millions de dollars aillent ailleurs même si le FMI a bien encadré son utilisation. On ignore si une avancée a été accomplie en un mois dans les domaines recommandées par le FMI, en l’occurrence, l’élargissement des perspectives de croissance inclusive en améliorant l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la protection sociale tout en misant sur le renforcement des infrastructures et le développement du secteur privé, l’accroissement de la marge de manœuvre budgétaire en améliorant la mobilisation des recettes et la hiérarchisation des dépenses, le renforcement de la gouvernance économique en améliorant la gestion des finances publiques et en intensifiant les mesures anti-corruption…
Le trafic de bois de rose au Singapour, la sanction infligée à trois inspecteurs d’État coupables d’avoir livré à la presse des documents relatifs à des détournements de fonds dans une commune, les mesures tortionnaires contre le secteur privé…vont plutôt dans le sens contraire à celui indiqué par le FMI.
En tout cas, pour le pouvoir, l’essentiel a été d’avoir pu bénéficier de cette Fec synonyme de sésame aux  investisseurs et aux autres partenaires. La suite importe peu pourvu qu’il y ait les trafics certifiés et légalisés et les or…pilleurs chinois. Eh oui, ils arrivent à point nommé avec l’intégration du renminbi par les monnaies de change du DTS à partir du mois d’octobre.

Sylvain Ranjalahy