Faux air de vacances ! Si certains jouissent de cette semaine, tronquée à la faveur du15 Août, fête chrétienne, jour férié de tradition que ne saurait remettre en cause le principe affirmé de laïcité de l’Etat, les difficultés ne laissent pas de répit à de nombreuses familles. Les plus privilégiés en ont profité pour aller se détendre sous le soleil qui baigne les villes balnéaires des côtes, désertant les derniers accès de vent froid qui soufflent sporadiquement sur la capitale. Les Antananariviens ne s’en plaignent pas, en compensation la circulation s’en trouve plus fluide. Pas pour autant que l’on y respire mieux. Circuler en centre ville, traverser l’un des deux tunnels ou passer dans des rues étroites, malgré le répit d’un « moins de bouchon » dans nombreuses artères,  engorgent les voies respiratoires à certaines heures. Les véhicules les plus poussifs ne se sont pas aventurés à faire de la route, en conséquence les rues ne

manquent pas de pollueurs lâchant des gaz qui au sens propre empoisonnent l’atmosphère.

Au sens figuré comme au sens propre l’atmosphère politique n’est pas moins délétère. Des dossiers brûlants, difficiles à gérer, jonchent les bureaux du  pouvoir.

Inconséquences suite à une menace d’un mouvement de rue

Rien que l’annonce d’une volonté de manifester sans besoin de demander une autorisation que l’on sait à l’avance vouée à un refus,  a suffi pour provoquer du pouvoir une réplique faite de résonnance de cliquetis de baïonnettes et de bruits de bottes. Signe révélateur de fébrilité du pouvoir politique. Mandater des hauts gradés des forces de l’ordre pour répondre à des déclarations civiles, ne témoigne pas d’une pleine confiance du pouvoir civil quant à ses assises. La population, pour ou contre l’organisation de cette manif, n’attendait pas des gouvernants qu’ils gonflent ainsi les muscles, mais simplement de la part des autorités civiles une réponse de fermeté exprimant soit la volonté de maintenir l’ordre soit celle d’un laisser faire pour voir venir. Hors l’une ou l’autre de ces postures de bon berger, le jeu se peut que se refermer comme un piège. En attribuant aux gendarmes un rôle de bavardage, ce qui n’est pas le propre des « grandes muettes » pour faire preuve de leur efficacité, le pouvoir civil effectue un aveu : de la sorte renonce à se prévaloir d’une légitimité pour assoir son autorité, et préfère assoir celle-ci sur sa capacité à donner ordre de faire parler la poudre et  et les canons. Le refus de recourir au discours politique pour maintenir l’ordre est souvent interprété par le public comme une manifestation de faiblesse consécutive à un doute de légitimité.

Légitimité et légalité ? L’onction de la HCC en contestation

La Haute Cour Constitutionnelle a donné le feu vert à la procédure de faire loi le Code de la Communication. Mis à part des détails insignifiants, de l’ensemble du texte elle a prononcé la conformité à la constitution. L’issue de cette étape, jugée par une grande partie de l’opinion comme simple formalité, n’a réussi qu’à amplifier la contestation. Des puissances étrangères s’invitent même dans une danse de scalp initiée par le monde des médias, danse formulant une sorte de devoir adressée au Président de la République de s’impliquer personnellement dans un dialogue. La situation prend un tour hasardeux : effectuer un passage en force au mépris du vent de contestation qui enfle la voile, ou à l’inverse apaiser le vent par un renoncement au projet en désaveu des collaborateurs au sein du gouvernement auquel on a confié la mission. Choix difficile d’un dilemme cornélien qui pourrait conditionner l’immédiat et hypothéquer l’avenir.

Dans l’arène à chacun son combat

Quelle que soit l’appréciation que le public porte sur la classe politique, que celle-ci s’améliore ou non, c’est d’elle seule que viendra le salut ou la prolongation du temps de purgatoire voire une damnation sans appel. Alors que nombreux ont disparu, les partis politiques qui ont résisté aux crises, traversent des turbulences dues à d’insolentes inamicales OPA.

 La déchirure du Leader-Fanilo illustre le paysage de batailles. Forte sans doute de son bon droit, se fiant à la seule Justice, l’aile qui se prévaut d’incarner le renouveau du canal historique, sans grand bruit poursuit sa route pour influer de dynamisme les bases militantes. Comme preuve de vitalité et d’efficacité près des populations, ainsi qu’elle en a fait la démonstration, par une constante présence elle dispose d’argument   pour s’assurer d’une représentation estampillée Leader-Fanilo à toutes les élections, à l’inverse de l’aile rivale qui privilégie  une occupation du terrain médiatique. Dans ce souci permanent de manifester présence sur le terrain de la population les ténors du bureau central du canal historique ont entrepris dans le Sud des sessions de travail et de sensibilisation avec les membres du parti dont les rangs ont été renforcés par de nouvelles adhésions. Décision de justice et surtout choix du peuple départageront les prétendants à vouloir se draper du nom.

Léo Raz



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Pérégrinations hebdomadaires (NewsMada)
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