Et c’est reparti mon kiki ! Comme en 40 ! La promulgation du Code de la Communication signe le retour à une «nouvelle» ère, celle d’un système caractérisé d’un air  irrespirable. Lâcher un petit vent jugé de travers suffit à attirer les foudres des «majestés» ainsi offensées. Ce n’est nécessairement pas les vents qui offensent par des odeurs fétides qu’ils sécréteraient, au contraire ce sont de coupables méthodes de gouvernance qui vicient l’atmosphère, nécessitant des souffles pour ventiler de courants purificateurs le climat altéré.

 De correctes intentions de bonne gouvernance auraient dispensé de se prémunir à l’avance contre les éventuelles «parutions» lanceurs d’alertes et de débats critiques. La présomption relative à de bonnes intentions disparait avec l’apparition de ce «code». Pareille disparition est moins sûre en ce qui concerne les mouvements et actions de résistance, ces derniers risquent simplement de se fondre dans une opposition politique qui elle se pare d’efficacité en s’habillant d’une détermination militante.

Période d’incertitude

Rien de nouveau à ce propos pour ce qui est de la population. Il y a longtemps qu’elle a perdu ses illusions et ne nourrit de certitude que celle d’avoir à survivre : pour un grand nombre à survivre au jour le jour ; pour une grande majorité, à ne considérer que vanité l’idée de penser demain déjà qu’à chaque jour suffit sa peine. Au niveau des sphères dirigeantes, déjà qu’en temps normal il ne s’y passe pas grand-chose de fraicheur permettant d’espérer un iota de changement, dès que pointe l’incertitude c’est toute la machine qui semble paralysée, seul demeure un ronronnement d’automatisme de gestuels.

Un autre compte à rebours s’égrènerait-il ? Difficile de se prononcer à ce sujet : une loterie ! Les uns tablent dessus alors que les autres le redoutent. L’équation est pourtant simple : la population établit le calcul sur la quantité de riz dans l’assiette et sur la persistance ou la disparition des petits désagréments qui parasitent le quotidien. Les acteurs politiques

le savent, malheureusement l’appréhension qu’ils en ont, diffèrent selon qu’ils se trouvent d’un côté ou de l’autre des manettes du pouvoir. Si l’on devait par exemple retenir la perception du phénomène de délestage par le public comme facteur d’appréciation sur l’art de gouverner, la note actuelle ne serait pas flatteuse. Ce n’est pas simple détail pour la population. L’actuel Président en a pris bonne conscience, aussi il s’est fait une hardiesse de candidat de promettre la disparition des délestages au terme de trois mois. Des mesures punitives ont sanctionné les responsables qui ne l’ont pas aidé à réaliser cette promesse. Tout n’est pas résolu, mais peut-être les spéciaux conseillers établissent des coupe-circuit pour qu’il ne soit pas «au courant», tâche que facilite l’aveuglément par une inclination à se laisser éblouir par les «sunlights» des palais. Ah, si seulement il possédait la finesse de déjouer les vilaines manœuvres prétendues lui épargner des soucis de détail, la connaissance de la réalité l’aurait aidé à réagir autrement. Il n’aurait alors pas eu besoin d’assistance pour imaginer le nombre d’affirmations défavorables ou de retournements d’avis et intentions de vote qui jaillissent dans le noir à chaque interruption d’électricité et échappent à une popularité en berne.

La multiplication des manifestations d’humeur dans nombreux secteurs d’activité, s’ajoute pour menacer de dépassement la cote d’alerte. Eviter l’émeute dont on accuse d’aucuns de vouloir ménager, ou se ménager des chances pour 2018, nécessite pareillement un sacré coup de barre. Se créer de nouveaux adversaires et répondre de morgue aux propos ennemis déclarés ne constituent pas la meilleure manœuvre de sauvegarde, pas plus que ne le sont les louvoiements telle cette manière de se défausser qui n’a trompé personne pour n’en faire qu’à sa tête au mépris de tout dialogue suite à une simple formalité qu’a été l’entrevue concernant le «code», confirmation d’une fin de non-recevoir clôturant toute communication. Le climat pourtant ne se fait pas favorable à faire cavalier seul. Les organisations confessionnelles les plus influentes, l’EKAR et la FJKM prennent de la distance des politiques.

Volonté d’indépendance de l’Eglise Réformée FJKM

Le Synode de l’Eglise Réformée (FJKM) qui s’est tenu à Antsirabe, tout comme la dernière Conférence des Evêques catholiques, par le vote pour désigner ses dirigeants a exprimé une volonté de se démarquer de l’influence des organisations politiques. Il n’est un secret pour personne qu’autant Hery Rajaonarimampianina, Président de la République en exercice que Marc Ravalomanana l’Ex, et quelques autres de moindre envergure, ont manœuvré pour conquérir des postes d’autorité (ne fut-ce que de façon indirecte) à l’intérieur de cette puissante organisation cultuelle et ainsi disposer de l’usage d’une part non-négligeable de cette notoriété à des fins politiques. Les OPA ont échoué.

Les églises expriment une volonté de ne plus servir d’instrument à des causes partisanes. On conclurait toutefois trop rapidement à croire qu’elles se désengagent de la vie publique et se désintéressent de la politique. Il n’est pas exclu que les unes et les autres, séparément ou communément à l’intérieur du groupe œcuméniste FFKM, se constituent en force pour peser en toute indépendance sur la conduite des affaires publiques.

Un renversement des rapports. Une autorité morale qui ne serait pas à la solde.

Léo Raz

 



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Pérégrinations hebdomadaires (NewsMada)
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