près le scandale du médiator sur la santé, la Dépakine crée en Europe des agitations jusqu’aux plus hautes instances
des États. Le ministre français de la santé vient d’avouer l’ampleur de la catastrophe en parlant de 14 000 femmes enceintes qui ont été exposées à la Dépakine (antiépileptique) entre 2007 et 2014. On en parle même au niveau de l’Union Européenne quand Michèle Rivasi, députée écologiste européen ne annonce que, dans la même période, les 8000 enfants qu i sont nés pourraient présent e r d e s séquelles graves . Comme e l l e a été commercialisée depuis
1967, on ne compte plu s l e s dégât s humains. Et pourtant, près de dix ans a près sa sorti e dans les pharmacies, les premières études parlant des effets directs comme les malformations chez le foetus et les troubles autistiques ont été véhiculées. Mais depuis, le laboratoire Sanofi est resté sans rien faire.
Les réclamations des victimes à mettre en garde les femmes sur la prise du médicament, notamment par l’apposition d’un pictogramme sur l’emballage n’ont pas été entendues, jusqu’à ce mois d’août 2016.
Des parents, des familles ont bataillé pendant des années et ont eu gain de cause. L’État français a reconnu ses torts et a fait un geste fort en acceptant d’indemniser les familles au cas par cas. Le 24 août dernier, le ministre de la santé a reçu les représentants de ces victimes. plus encore, les deux parties vont contraindre le géant de la pharmacie à contribuer aux indemnisations. Une enquête sanitaire pour identifier le nombre d’enfants qui son t devenus autistes à cause de ce médicament contre l’épilepsie est ouverte. Pour l’association d e s victimes, les fautes sont partagées entre sanofi et les ministères  qui ont publiquement admis les erreurs car ils auraient pu avertir du danger de la Dépakine dans les années 1990.
Il faut aussi savoir qu’elle crée une dépendance et ceux qui l a prennent en ont be soin pour vivre. remède ou drogue, la question se pose de plus en plus sérieusement. suivant les termes de le radio France Internationale, « (…) la Dépakine continue d’être commercialisée , mais dan s un cadre très réduit, car son efficacité reste prouvée ».
À Madagascar, la Dépakine est prescrite comme des petits pains. Depuis les deux ans que les parents
des enfants autistes tiennent des groupes de parole et font des rencontres périodiques, l’on est surpris
que ce médicament soit prescrit par des généralistes, des neurologues à tort et à travers. En effet, sa ns
que les enfants soient épileptiques et ne présentant que des retards de langages, les mêmes « docteurs »
l’ordonnent abusivement. Il est peu probable que les parents, qui sont déjà au bout du rouleau, sachent
ce qu’il en est. Celui qui est censé « guérir » abuse de la confiance des familles et donne très rarement
les vraies explications sur ce qu’il est en train de faire avaler à l’enfant.
Au fur et à mesure des cas racontés par les parents, le mal fou qu’ils ont pour pouvoir acheter
chaque mois les doses grandissantes arrêtées par le s médecins, les dégât s que cela cause sur l’état
de santé des enfants, l’état psychologique et mental des parents, la situation financière des familles déjà
dans une situation d e grande vulnérabilité ; on constate les mêmes noms de toubibs et professeurs
qui prescrivent systématiquement la Dépakine. Bref, la pharmaco dépendance est cultivée par certains
médecins.
Nous espérons qu’avec la même virulence que le ministre de la santé a osé ficher les parents qui
s’abstenaient de faire vacciner leurs enfants lors de la énième vague contre la poliomyélite, l’on puisse
aussi l ’ entendre ficher les praticiens qui abusent de la prescription de la Dépakine. Les parents se
demandent si les ordonnances seront en vérité financièrement intéressante car moyennant des
pourcentages sur les ventes. Il est facile de mettre la pression sur les parents, serait-ce autant quand
il s’agit de praticiens ? Parole de maman !

Mbolatiana Raveloarimisa