La plateforme d’observation de la vie publique « Sefafi » ne ménage pas le régime Rajaonarimampianina. Fidèle à son image, elle ne mâche plus ses mots et laisse libre cours sa colère contre ce dernier.

La solution n’est plus aux paroles, elle est aux actes. Cette courte phrase émanant des membres de la plateforme d’observation de la vie publique à Mada­gascar (SEFAFI) reflète leur colère contre les dirigeants du régime actuel.
Pour le Séfafi, la revendication de la mise en place immédiate de la Haute Cour de Justice est l’une des solutions efficientes pour débloquer la situation actuelle.
Selon le communiqué du SEFAFI, sorti hier, «le moment est arrivé de faire le point sur le premier mandat présidentiel». «En attendant, il est urgent de mettre en place la haute cour de justice (HCJ), le tribunal en charge de bois précieux et un tribunal anti-corruption impartial», précise le communiqué. Une solution efficiente, qui selon les membres du SEFAFI, a pour objectif de mettre fin aux pratiques politiques qui témoignent du mépris constant de la loi.
«À preuve, l’impunité est garantie aux tenants du pouvoir et à leur entourage. Aucun dirigeant n’a jamais été condamné pour detournement de fonds publics, pour abus de pouvoir, pour accaparement illicite de terres ou pour contrat minier clandestin», martèlent les membres de cette plateforme.
Mais la situation est encore plus grave. Selon ce même communiqué du Sefafi, l’absence de sanctions s’étend aux violations de la constitution, régulièrement légitimées par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) et met ces dirigeants à l’abri de toute contestation.
Certes, pour les mem­bres du SEFAFI, une tentative de coup d’État qui peut mener à une nouvelle transition n’est plus une solution pour Madagascar, mais la gravité de la situation présente n’échappe à personne. «Les signaux d’alarme se multiplient, venant de tous les horizons de la société civile. Faut-il pour autant revenir à une nouvelle transition, convoquer une concertation nationale aussi peu représentative et aussi ouvertement manipulée que les précédentes, et bricoler une nouvelle constitution », questionne le SEFAFI et de rappeler que «ces propositions émanant de politiciens au rencart ou ambitieux qui n’osent se déclarer, ne résoudront rien».
Les membres de cette plateforme d’observation de la vie politique à Madagascar constatent aussi qu’aucun des trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, n’est à la hauteur de sa tâche. «Ils véhiculent chacun un même déni de réalité, un même degré de corruption, tous unaniment dénoncés à l’intérieur comme à l’extérieur du pays», selon eux.
Ils ont aussi accablé le président Hery Rajaonari­mampianina, qui a nié publiquement la réalité de la paupérisation. «Alors que toutes les statistiques et tous les indicateurs nationaux et internationaux nous relèguent au rang des dix pays les plus pauvres du monde», révèle ce même communiqué.
Juliano Randrianja