Les médicaments à prescription spécialisée sont à faible rotation sur le marché. Rares sont les pharmacies qui en vendent.

L’accès des patients atteints de maladies neurologiques aux médicaments nécessaires à leur traitement est très difficile. Il y a des médicaments qui sont même indisponibles. Pour s’en procurer, les malades doivent faire des réservations au niveau des pharmacies et attendre environ une vingtaine de jours. Les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives, à savoir les parkinsoniens, ou atteints d’« Alzheimer », mais aussi les épileptiques sont les principales victimes de ce problème.
« Les demandes pour les médicaments des maladies à prescription spécialisée, particulièrement les maladies neuro-dégéné­ratives ne sont pas très nombreuses. Et d’ailleurs, il n’y a pas beaucoup de spécialistes pour les prescrire. C’est pourquoi, ils sont absents de nos stocks », explique un pharmacien à Antani­narenina.
En plus de cette indisponibilité des médicaments, les malades font face au coût exorbitant des traitements.
Onéreuse
« En un mois, on dépense environ deux cent mille ariary. En effet, une boîte de médicament antiparkinsonien coûte environ 60 000 ariary, alors qu’il y a deux à trois types de médicaments à consommer quotidiennement. Et une boîte est consommée en une quinzaine de jours seulement. Il y a également des coûts indirects, à savoir, le salaire des personnes qu’on sollicite pour accompagner le malade, les frais pour les kinésithérapies », détaille Lanto Ramanantenasoa, une femme dont la mère est atteinte de la maladie de Parkinson. Pourtant, ils suivent souvent des traitements à vie.
À Madagascar, les mala­dies neuro-dégénératives sont encore rares. Apparem­ment, ils ne sont pas encore très nombreux à consulter les spécialistes. D’ailleurs, les spécialistes, sont aussi exceptionnels qu’eux. Dans tout Madagascar, il n’y a que trois neurologues et six neuropsychiatres. Les huit médecins en cours de formation pourront toutefois assurer la relève.
Les neurologues recommandent aux malades, surtout, aux parkinsoniens de créer une association. « Déjà, cette association aidera les malades sur le plan psychologique en constatant qu’il y a d’autres personnes qui rencontrent les mêmes difficultés qu’eux. Car souvent, un parkinsonien croit être la seule personne atteinte de cette
maladie. Ensuite, l’entreaide entre patients pourra faciliter l’accès aux médicaments », expli­que le Dr Julien Razafimahefa, neurologue.

Miangaly Ralitera