L’Union africaine rappelle la nécessité de concrétiser les points pendants de la Feuille de route, la réconciliation nationale, surtout.

Déterrée. L’Union africaine (UA), ne lâche pas prise quant à l’application intégrale de la Feuille de route. Dans son discours d’ouverture d’un atelier interactif des partis politiques, hier, à l’hôtel Ibis, Ankoron­drano, Hawa Ahmed Youssouf, représentante spéciale de la présidence de la commission de l’Union africaine à Madagascar, n’a pas omis de rappeler que la loi-cadre de la Transition n’est pas entièrement concrétisée.
La diplomate africaine a, particulièrement, mis l’accent sur la concrétisation de la réconciliation nationale. La solution idoine pour assurer une stabilité et une paix durable. Depuis le début de son quinquenat, l’administration Rajao­narimampianina souhaite se défaire du lien avec le texte qui a régi la période transitoire, arguant sur le retour à l’ordre constitutionnel. La communauté internationale, l’UA et la Com­munauté des États d’Afrique australe, surtout, ne semblent, pourtant, pas de cet avis et rappellent, à chaque occasion, qu’il reste encore des dispositions pendantes à appliquer.
Depuis hier, par exemple, dans le cadre d’un partenariat entre le Gouverne­ment, l’UA et le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), une série d’ateliers multi-acteurs qui devrait durer jusqu’à la fin de l’année a été entamée avec les partis politiques, à Ankoron­drano. La note de présentation indique qu’il s’agit d’un « programme de renforcement de capacité multi-acteurs (…) qui se réfère aux éléments de la Feuille de route ».
Discussions
Le but  du programme est de « créer un environnement propice et nécessaire pour la consolidation de la paix et de la démocratie dans le pays et à la tenue d’élections crédibles, transparentes, pacifiques et inclusives en 2018 ». Partis politiques, organisations de la société civile, médias, leaders religieux et traditionnels ainsi que l’armée, sont les cibles.
Dans son allocution d’ouverture de l’atelier d’hier, Hawa Ahmed Youssouf, a reconnu que les essais de concrétiser la réconciliation nationale ont, jusqu’ici, été infructueuses. En parlant de la tentative conduite par le Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), la représentante spéciale a même concédé que « cela a créé plus de problème sque de solutions ». Les résolutions du processus conduit par l’Eglise a, en effet, eu pour conséquence, la mise en accusation pour déchéance du président de la République.
L’appel à la pleine concrétisation de la Feuille de route relancée, hier, a été favorablement accueilli par certains représentants de partis politiques participant à l’atelier d’Ankorondrano. « Tant que la réconciliation n’est pas prise en considération rien ne marchera dans le pays », affirme Emanuel Rakotovahiny, du parti UNDD. Ihanta Randria­mandrato, du parti TEZA, quant à elle, soutient : « Si la réconciliation et l’indemnisation des victimes des crises étaient faites, nous n’aurions pas eu les problèmes actuels ».
Outre la réconciliation, l’indemnisation des victimes des crises, prévue par la Feuille de route a, également, été rappelée, hier. L’appel au soutien de la communauté internationale au Fonds nation de la solidarité (FNS), prévu à la fin du point 27 de cette loi-cadre semble, toutefois, occulté des débats concernant sa concrétisation. Le FNS devant servir, justement, pour les indemnisations. Quant à l’État qui ne veut pas être lié au texte transitoire, il a concocté des lois sur la réconciliation. Une partie de l’opinion politique voit, pourtant, dans les intentions étatiques, une manière d’évincer des adversaires potentiels aux élections de 2018.
Garry Fabrice Ranaivoson



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Union africaine – La Feuille de route exhumée(Express)
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